L’information à haute valeur ajoutée n’est pas toujours un nombre !

L’objectif premier d’une démarche d’intelligence économique et stratégique est d’obtenir de l’information à haute valeur ajoutée, comprenez une information d’importance stratégique qui procure un avantage certain à celui qui la détient et l’utilise habilement. Mais cette information n’est pas toujours une donnée chiffrée. Or les nouvelles pratiques relatives au big data, les méthodes de business intelligence (qui, en France, n’est pas exactement synonyme d’intelligence économique et encore moins d’intelligence stratégique) et la passion des feuilles de calcul a réduit le champ de vision de trop nombreux décideurs aux données quantifiables.

C’est regrettable, mais c’est aussi une opportunité : le décideur qui prend l’initiative de compléter sa démarche par la collecte d’information non chiffrable (comme des intentions ou des sentiments exprimés, des analyses sociologiques ou socio-psychologiques, des constats faits sur le terrain et par la rencontre de personnes, des éléments historiques, des éléments culturels…) détient aujourd’hui un véritable avantage sur ceux qui s’en tiennent aux seules analyses quantitatives.

Retrouver une information « littéraire » permet en effet d’affiner les analyses fondées sur d’importants volumes de données, mais également d’intégrer dans sa vision de l’environnement des signaux trop faibles, trop conjoncturels ou trop peu conventionnels pour être perçus par les radars ou intégrés aux bases de données classiques. C’est typiquement le cas des risques hors-marché, aussi dits non-conventionnels, qui ne sauraient s’évaluer sans une connaissance fondée sur l’expérience et non seulement sur la projection de nombres. Le mouvement des « Gilets jaunes » en a été l’exemple flagrant : le décalage entre les indicateurs, les chiffres, l’impact médiatique et les guerres informationnelles, les efforts de storytelling, l’impact politique, social et économique étaient tels qu’une perception réellement intelligente du mouvement ne pouvaient se passer du terrain et d’une vraie démarche de renseignement en sources ouvertes et humaines. Certaines conséquences du mouvement étaient envisageables, mais le chiffre à lui seul ne permettait pas de les anticiper.

C’est déjà le cas aujourd’hui, et ce sera plus déterminant encore demain : la gestion de l’information en entreprise nécessite davantage de profils d’analystes éclairés et formés pour éviter l’intoxication informationnelle (autrement dit dénicher les fake news), re-traiter la somme d’information de mauvaise qualité qui nous parvient quotidiennement et réinventer les axes de recherche dans le sens d’une information moins massive, mais plus qualifiée.

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